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Le logement, un enjeu central des municipales : que peut apporter la participation citoyenne ?

Le logement constitue une préoccupation majeure de la population : 71 % des Français déclarent qu’ils en tiendront compte dans leur vote pour les élections municipales (BaromètreOdoxa2026).

Premier poste de dépenses des ménages, le logement concentre des enjeux socio-économiques et environnementaux considérables.

Selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés, plus dequatre millions de personnes sont aujourd’hui mal logées : absence de domicile personnel, mauvaises conditions d'habitat, difficultés d’accès ou de maintien dans le logement, blocages de la mobilité résidentielle. La demande de logement social n’a jamais été aussi élevée, avec plus de 2,8 millions de demandeurs en attente.

Dans le même temps, le secteur doit relever plusieurs défis structurels : accélérer la rénovation énergétique du parc existant, réduire l’artificialisation des sols, limiter la consommation de ressources et diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Les collectivités locales en première ligne

Face à la crise du logement,les élus locaux disposent de leviers concrets pour agir : élaboration et révision du plan local d’urbanisme (PLU), délivrance des permis de construire, opérations de rénovation urbaine, développement du logement social, stratégies foncières et d’aménagement.

Or, aucune politique locale du logement ne peut durablement s’imposer sans concerter les premiers concernés, c’est-à-dire les habitants.

Le Code de l’urbanisme prévoit des concertations réglementaires, notamment au titre de l’article L.103-2. Toutefois, au-delà de cette obligation, il devient essentiel de développer des démarches volontaireset d’installer une véritable culture de la participation car celle-ci constitue une condition de réussite des projets.

Pourquoi la participation citoyenne est-elle essentielle ?

1. Permettre l’appropriation de projets complexes

Les projets urbains (PLU, écoquartiers, rénovation…) sont souvent perçus comme techniques, lointains, voire imposés. Les habitants peuvent avoir du mal à se sentir concernés ou douterde leur légitimité à participer.

En mobilisant les habitants, envulgarisant les enjeux des projets et renforçant la transparence, la participation favorise l’appropriation de projets urbains par les habitants etcontribue à (ré)instaurer un climat de confiance.

Dans le cadre de la concertationpréalable sur la révision du PLU du Chesnay-Rocquencourt, Res publica a par exemple conçu, en lien avec le bureau d’études Codra, une exposition permettantaux citoyens de mieux appréhender les thématiques du PLU et les éléments clés du diagnostic.

2. Construire des projets adaptés aux réalités locales

La participation offre un espace de dialogue où les habitants peuvent exprimer leurs besoins, attentes et opinions.

À Noisy-le-Roi, par exemple, la participation citoyenne a joué un rôle clé dans la requalification de l’écoquartier Chaponval. Les habitants ont pris une part active dans le projet en proposant différentes hauteurs et typologies de logements, et en les positionnant sur le site de façon à atteindre un total de 500 logements. Cet exercice a permis aux habitants de mieux comprendre les enjeux liés à la densification, et de donner leurs avis sur l'identité architecturale du futur quartier.

L’expertise d’usage complète ainsi l’expertise technique.

3. Éclairer des arbitrages sensibles

Les arbitrages en matière de logement sont souvent clivants : densifier pour limiter l’étalement urbain ? Privilégier la construction neuve ou la rénovation ? Démolir ou réhabiliter ? Ces décisions ont des conséquences majeures sur la qualité de vie, l’environnement et les équilibres sociaux. La participation citoyenne permet de recueillir le positionnement des habitants sur ces dilemmes pour éclairer les orientations des élus.

L’exemple de la Convention citoyenne des Transitions de la Métropole de Rouen illustre la capacité des citoyens à se saisir de dilemmes complexes. Invités à se prononcer sur l’équilibre entre logement collectif et logement individuel à l’horizon 2030, les participants ont proposé une approche territorialisée dans leur rapport final : « notre approche consiste à considérer que plus on s’éloigne du centre-bourg, plus on peut laisser se développer le logement individuel, alors que plus on s’en rapproche, plus il faut densifier pour rationaliser, rapprocher les gens des services et des commerces et faciliter le développement de ces derniers afin qu’une vie locale se développe ».

Conclusion

La question n’est plus de savoir si la participation est nécessaire, mais comment l’organiser de manière sincère, inclusive et structurée. Le logement façonne durablement les territoires. Associer les habitants à ces choix, c’est reconnaître que l’aménagement n’est pas uniquement une affaire d’experts, mais un projet collectif.

Gilles-Laurent RAYSSAC, Camille BOURDIER et Pétronille CAMPHUIS
mars  2026
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