Depuis la création de Res publica, en avril 2004, beaucoup de choses ont changé dans le domaine qui est le nôtre, celui de la concertation et du débat public.
En vrac, nous pouvons citer :
un accroissement très important des annonces de marchés publics qui sont consacrés à la concertation ou qui incluent un lot concertation : de 2 ou 3 annonces par mois en 2004 on est passé à 10 ou 12 ;
une diversification des clients : alors que seules (ou presque) les communes faisaient appel à des prestations d’appui en matière de concertation à la naissance de Res publica, on voit aujourd’hui tous les niveaux de collectivité mettre en place des processus de concertation, y compris les agglomérations, alors même que leurs élus sont toujours désignés au second degré ;
une diversification des pratiques et des outils : nous ne les citerons pas tous, cela mériterait de trop longs développements, mais il est important de noter que les méthodes de concertation se sont nettement enrichies au cours de ces quatre dernières années. Juste un exemple : Res publica a organisé et animé la première conférence de citoyens "territorialisée", en 2005, pour la définition du SAGE [1] du Drac et de la Romanche ;
une accroissement du nombre d’acteurs de la concertation : un département qui crée un service dédié et plus généralement des fonctionnaires territoriaux en charge de la concertation de plus en plus nombreux, des chercheurs et des travaux de recherche qui se multiplient, des associations qui se créent, des entreprises de conseil qui font évoluer leurs pratiques et offrent de nouveaux services, autant de signes qui montrent que la concertation et le débat publics se déploient largement depuis 4 ans ;
une professionnalisation croissante des acteurs qui s’accompagne d’un développement important de la demande de formation, dans les collectivités territoriales que dans les administrations de l’Etat.
A cette énumération, nous devons ajouter le déploiement du débat sur la "démocratie participative". A Res publica, nous n’employons plus ce terme. Non parce que nous aurions changé d’avis sur la question, mais parce qu’il est trop "fourre tout" et bien souvent piégé. Qu’on le veuille ou non (et nous ne le voulons pas !) l’expression "démocratie participative" se pose en concurrente de la démocratie représentative. Les zélateurs les plus passionnés de la première s’opposent aux défenseurs acharnés de la seconde. Comme s’il y avait débat. La position de Res publica est la même depuis 4 ans : la démocratie est un tout indissociable et s’il est question de démocratie participative ce ne peut être qu’en complément et en support de l’action des représentants élus, c’est-à-dire de la démocratie représentative. Les débats de la campagne électorale ont achevé de démontrer que la démocratie participative est une expression militante et donc difficilement compatible avec l’approche professionnelle qui est la nôtre.
En effet, depuis quatre années, Res publica développe son activité avec un double objectif, améliorer la performance des décisions de ses clients et renforcer la légitimité des actions qu’ils mettent en œuvre. Pour cela, nous avons mis au point une certaine approche de la concertation qui se veut essentiellement professionnelle : notre métier est d’aider ceux qui le souhaitent à mettre en place des processus de concertation efficaces. Bien entendu, "ceux qui le souhaitent" sont des élus ou ceux qui travaillent pour eux : ils peuvent avoir une vision plus militante de la concertation qui peut entrer dans des stratégies d’exercice du pouvoir. Notre mission consiste à faire en sorte que les processus mis en œuvre permettent effectivement d’améliorer les décisions en s’assurant qu’ils sont déployés au bon moment, qu’ils permettent une réelle progression de la discussion et de la réflexion, qu’ils impliquent l’ensemble des acteurs qui sont concernés par l’objet de la concertation, etc.
Les domaines d’intervention de Res publica sont variés tout en s’organisant, pour l’essentiel, autour de trois pôles de réflexion : la « ville en train de se construire » et plus généralement l’aménagement, les problématiques environnementales liées aux conditions du développement (durable) et l’activité socioéconomique et l’emploi. L’ambition de Res publica est de travailler à l’interface de ces trois dimensions pour en déterminer les interactions et les rétroactions. La concertation permet d’explorer en profondeur ces interfaces : en effet, ce n’est plus "à dire d’experts" que l’on peut construire l’avenir, notamment celui des territoires ; c’est, au contraire, en déployant une démocratie pratique dans laquelle les parties prenantes sont actives et en capacité de participer, sous des formes diverses, aux travaux préparatoires aux décisions ainsi qu’à leur suivi.
C’est dans cet esprit que Res publica développe son activité et compte, dans les quatre années à venir, progresser encore dans la connaissance et la maîtrise de processus de concertation plus efficaces, encore plus participatifs [2]. Cela nous conduira à alimenter ce site [3] de façon plus régulière d’exemples, de réflexion et d’outils que nous mettons en œuvre dans le cadre de nos missions. Cela nous conduira aussi à proposer, dès la rentrée de septembre, des formations à la concertation.
L’équipe de Res publica




